L’émergence de la MÉDECINE FORESTIÈRE

Parmi les médecines naturelles, il convient désormais d’ajouter la connexion à la nature, et surtout le ressourcement en forêt. Les études scientifiques apportent la preuve que l’environnement boisé procure des effets bénéfiques concrets à la santé humaine.

Manger « paléo » renvoie à l’idée de manger comme on a mangé durant des millions d’années. En fait, durant l’immense majorité de notre temps d’évolution. Mais on peut tout à fait – et on doit, à mon sens – pousser la réflexion plus loin, et réfléchir à la manière dont nous avons vécu durant ces millions d’années.

 

La nature est dans notre nature

Nous avons passé 99,99% de notre temps d’évolution dans des environnements naturels. Pourtant, nous vivons aujourd’hui dans des univers « artificiels » (au sens premier : qui a nécessité l’art, le métier, de quelqu’un, donc qui n’est pas « naturel »). À l’heure actuelle, une part importante de la population vit dans des environnements fortement urbanisés, et passe la plupart du temps à l’intérieur (maison –> voiture –> bureau ou école –> voiture –> maison). Autrement dit, nous vivons déconnectés de l’environnement naturel dans lequel nous avons toujours évolué. Et de plus en plus de recherches montrent à quel point se reconnecter avec cette nature, même quelques heures, peut avoir un impact positif sur notre santé.

médecine forestière

Ainsi, une étude parue dans Environmental Research en 2018 a rassemblé 140 recherches sur la question, portant sur 290 millions de personnes, dans 20 pays, dont la France. La conclusion est très claire : s’exposer à des espaces verts réduit les risques de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de morts prématurées, d’accouchements prématurés, réduit le stress, l’hypertension, et le mauvais cholestérol. Les populations qui s’exposent régulièrement aux espaces verts rapportent une meilleure santé générale.

Les hypothèses sont multiples. Bien sûr, en vivant à proximité d’espaces verts, on a davantage d’opportunités d’activités physiques et de socialisation, ce qui a en soi un effet positif sur la santé.

Mais certaines recherches penchent aussi vers le rôle des « phytoncides » : des molécules excrétées dans l’air par les arbres et les forêts. Ces molécules permettraient de renforcer notre système immunitaire et de réduire l’inflammation. De manière intéressante, ce sont les pins maritimes, les eucalyptus, les forêts méditerranéennes, et les espèces comme le romarin, le thym, la lavande, etc., qui en produiraient beaucoup, ce qui pousserait aussi à explorer leur rôle sur la santé des peuples méditerranéens, en complément du célèbre « régime méditerranéen ». D’autant plus qu’un autre peuple dont on cite souvent la santé en exemple, les Japonais, a également compris l’importance de cette connexion à la nature. Ils ont même un terme pour cela : shinrin yoku, qu’on traduit généralement par « bain de forêt ».

 

Se baigner dans les bois

Ces dernières années, le Japon a produit énormément d’études sur le sujet. En 2007, une étude parue dans International Journal of Immunopathology and Pharmacology montrait que les bains de forêt pourraient augmenter l’activité des lymphocytes NK et l’expression de protéines anti-cancer.

Le qualificatif « NK » de ces lymphocytes signifie « Natural Killers », parce qu’ils tuent sélectivement les cellules tumorales ou infectées de microbes.

L’année suivante, en 2008, une autre étude montrait que les populations vivant dans des régions avec peu de couverture boisée avaient significativement un taux de mortalité par cancer plus élevé que les populations vivant dans des régions plus boisées (The Open Public Health Journal).

Il s’agissait, chez les hommes, des cancers de la prostate, du rein et du côlon ; chez les femmes, des cancers du poumon, du sein et de l’utérus.

Et cela indépendamment du tabagisme et du niveau socio-économique des populations concernées.

Et le taux de lymphocytes NK reste supérieur à la normale jusqu’à 30 jours après un trip de 3 jours/2 nuits en forêt (Environmental Health and Preventive Medicine, 2010). Dans une étude parue dans Biomedical and Environmental Sciences (2012), 2 groupes de 10 étudiants ont passé, soit 2 nuits en forêt, soit 2 nuits en ville. Les sujets exposés à la forêt ont montré également une nette réduction du stress oxydatif et des niveaux de marqueurs d’inflammation.

L’impact sur le stress a d’ailleurs été étudié à plusieurs reprises. Une étude portant sur 280 participants, et 24 forêts japonaises, a ainsi montré que les « bains de forêt » permettaient de réduire le taux de cortisol dans la salive (un marqueur du stress), de réduire la tension, d’augmenter l’activité du nerf parasympathique (donc le retour au calme) et de diminuer en parallèle l’activité du nerf sympathique (Environmental Health and Preventive Medicine, 2010). Et ces résultats sont loin d’être négligeables. Sur un dispositif similaire, mais portant sur 420 participants exposés à 35 forêts différentes, un article paru dans la revue Nippon Eiseigaku Zasshi, traduit par Japanese Journal of Hygiene (2011), montre que les bains de forêt permettent de réduire le taux de cortisol de 12,4%, la tension de 1,4% et le rythme cardiaque de 5,8%. L’activité du nerf parasympathique est même augmentée de 55%, impliquant une grande augmentation du niveau de relaxation.

 

Un impact clinique réel

Les recherches montrent donc que l’impact sur la santé des « bains de forêt », ou du moins du contact avec des zones boisées, est loin d’être anecdotique. L’impact clinique est réel pour prévenir et guérir la maladie (Environmental Research, 2018). Cela au point que certains parlent de « Forest Medicine », une médecine axée sur ce contact avec la forêt. Le champ d’application est vaste, parce que d’autres recherches ont également montré l’impact positif des « bains de forêt » sur la santé mentale (dépression, anxiété, burnout, etc.), sur les facultés mentales (mémoire), sur la vision, etc. Cet article avait pour objectif de présenter une vision générale de l’intérêt de se connecter à notre environnement naturel pour notre santé. Mais nous y reviendrons certainement les prochains mois. Que cela vous encourage d’ores et déjà à « plonger » dans tout espace boisé que vous rencontrez. Et à celles et ceux qui réfléchissent à l’aménagement du territoire, de maintenir des espaces boisés, dont nous avons besoin !

 

Sociologue de formation, Yves Patte enseigne en Belgique le travail social et l’éducation à la santé. Il est également coach sportif et nutritionnel. Le mode de vie paléo représente la rencontre entre ses différents centres d’intérêt : un mode de vie sain, le respect de la nature, l’activité physique et sportive, le développement individuel et social. Il publie régulièrement sur
http ://www.yvespatte.com et http ://www.sportiseverywhere.com.

 

 

Ligne éditoriale du magazine néosanté

Les Éditions Néosanté sont indépendantes de tout pouvoir politique ou financier et libres de toute attache avec un quelconque mouvement philosophique ou religieux. Ne bénéficiant ni de subsides ni de rentrées publicitaires, nous finançons nos activités avec le produit des abonnements, la vente de la revue au numéro et la commercialisation de livres compatibles avec notre approche de la santé. Celle-ci repose principalement sur les recherches du biologiste Henri Laborit et sur les découvertes du médecin Ryke Geerd Hamer, lesquels ont mis en lumière l’origine conflictuelle et le sens biologique des maladies. Selon ce nouveau paradigme médical, ces dernières ne sont pas des erreurs de la nature mais, au contraire, des solutions de survie déclenchées par le cerveau inconscient en réponse à des situations de stress. Avec les méthodes naturelles de prévention et les techniques thérapeutiques considérant l’être humain dans sa globalité, la divulgation de ce processus vital représente l’axe majeur de nos objectifs éditoriaux.

 

Retrouvez les autres articles du mois sur www.neosante.eu

 

 

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